>> Historique


Ça râpe, ça frotte, ça grince, ça couine. Un Opéra non conventionnel écrit par Brecht et Weill dont les inspirations viennent du Jazz, de la parodie, du cabaret en prenant le contre pied de L’Opéra Wagnérien et post-romantique. Un mélange savoureux entre texte et musique pour mieux exposer avec humour et intelligence des corps manipulés, exposés, vendus, des personnages exploitant la misère, et mettre en mouvement cette foule anonyme qui sert d’arrière-plan. Un théâtre de satyre où la marionnette a sa place comme une tribune poétique.


« Mettre en scène L’Opéra de Quat’sous aujourd’hui, revient à s’interroger sur la durée d’une œuvre et sur sa résonance à travers les générations. Brecht écrit son Opéra de Quat’sous en 1928 en collaboration avec K.Weill inspiré très fortement de L’Opéra des Gueux de John Gay qui, déjà, en 1728, dénonçait avec férocité les travers et les manigances de son temps.


À mon sens, L’Opéra de Quat’sous traverse le temps grâce à un langage engagé, satirique et à une écriture qui mêle lyrisme et férocité. La pièce traverse le temps car outre sa qualité musicale, le propos social et politique trouve des résonances dans notre actualité. En France ou ailleurs, aujourd’hui, on retrouve des M.et Mme Peachum exploitant la misère des plus faibles, des Mackie, voleurs notoires et distingués qui manipulent le pouvoir à leur profit, des mendiants qui cherchent des façons de survivre…C’est une pièce qui parle aujourd’hui de l’utilisation des corps, de l’exploitation des corps. Je souhaite mettre en jeu cet Opéra épique à travers un univers plastique singulier dans lequel le corps des acteurs se mêle à celui des marionnettes. »

Johanny Bert