Johanny Bert a pu élaborer au fur et à mesure des rencontres et des créations, un langage théâtral personnel. Ce langage théâtral part de l’acteur en le confrontant à d’autres disciplines artistiques comme le théâtre d’objet, la forme marionnettique.
En 2000, il crée au Puy-en-Velay la Compagnie Théâtre de Romette, espace d’expérimentation et de création. La Cie a été en résidence au Théâtre Municipal du Puy-en-Velay (alors scène conventionnée) de 2007 à 2009 puis au Polaris à Corbas (69). Aujourd’hui Johanny Bert est artiste associé à la scène nationale de Clermont-Ferrand.
Dans cette Cie, il mène une recherche qui s’est élargie au fur et à mesure des créations autour de la question de l’écriture.
Des créations dans lesquelles le langage est une partition visuelle qui s’écrit au plateau dont le point de départ est une matière textuelle ou l’univers d’un plasticien (Le petit bonhomme à modeler, Les pieds dans les nuages, Ceux d’ailleurs).
La question de l’écriture s’est concrétisée par des commandes à des auteurs (Histoires Post-it, on est bien peu de chose quand même ! Parle moi d’amour) ou à partir de textes écrits pour le théâtre et pour les acteurs (L’Opéra de Quat’sous de B.Brecht et K.Weill, L’Opéra du Dragon de Heiner Müller).
Johanny Bert collabore régulièrement avec d’autres équipes artistiques lors de commandes de mise en scène : La Cie lyrique Les Brigands pour Phi Phi (prix national de la critique 2011), Le Préau Centre Dramatique de Vire (Les orphelines de Marion Aubert).
A partir de Janvier 2012, Johanny Bert est nommé directeur du Centre Dramatique National de Montluçon (Les Fédérés puis Le Festin) et poursuivra son travail de création et de diffusion accompagné d’une équipe d’acteurs permanents.
Identité de travail
Travailler avec des acteurs et les emmener vers une forme de jeu incluant des formes marionnettiques est un travail passionnant que je développe dans la plupart des créations. Je ne me définis pas comme un marionnettiste pour autant, mais plutôt comme un metteur en scène qui cherche dans son rapport à la dramaturgie et au plateau à transcrire des corps transformés, à donner aux acteurs de nouveaux instruments de jeu qui deviennent des prothèses ou des prolongements de leurs sensations.
Chaque dramaturgie implique une réflexion sur le rapport entre le texte et l’implication de jeu à travers ce texte. La forme marionnettique est souvent un instrument que je propose à l’acteur comme mise en abîme du personnage, mais pas toujours. Ainsi la présence de ce corps délégué est intimement lié à un questionnement de dramaturgie plutôt qu’une forme artistique et technique déterminée comme point de départ. Lorsque j’utilise des formes marionnettiques, je travaille en collaboration avec des plasticiens à qui je propose des signes visuels, des intentions plastiques et des relations souhaitées entre l’acteur et l’objet. Personnages éphémères, morceaux de papier, constructions plus élaborées inspirées de techniques traditionnelles ou recherches à partir de matières.
Loin de l’imagerie de la marionnette comme objet enfantin c’est un véritable instrument d’interprétation, un prolongement fascinant pour l’acteur qui mêle et questionne différents arts comme les arts plastiques, le travail chorégraphique et l’écriture.
Le centre d’interprétation de l’acteur se décale et cela lui permet souvent, davantage de liberté.
L’acteur est toujours à vue dans la manipulation et son corps, qu’il soit personnage dans l’action ou ombre discrète manipulatoire, reste présent comme un créateur de l’instant, portant un regard sur ce qu’il raconte. Le fait d’utiliser des formes marionnettiques à l’intérieur de créations est, simultanément, une curiosité pour les spectateurs et un terrain susceptible de clichés à combattre avec passion.
Johanny Bert
