• Conception et mise en scène :
    Johanny Bert
    Assisté de :
    Antoine Truchi
    Interprétation  :
    Maïa Le Fourn, Pierre Yves Bernard, Maxime Dubreuil et Christophe Noël
    Création musicale et interprétation sur scène :
    Thomas Quinart
    Construction marionnettes :
    Judith Dubois
    Scénographie et construction :
    Kristelle Paré, Carl Simonetti
    Dramaturgie :
    Julie Sermon
    Régie générale et vidéo :
    Stephen Vernay
    Création lumière :
    Guillaume Lorchat


  • En coproduction avec La Comédie - Scène Nationale de Clermont-Ferrand, Le Polaris, Centre Culturel de Corbas, L’Arc - Scène Nationale du Creusot...

> Présentation

L’Opéra du Dragon / Heiner Müller


Création Septembre 2010

Il était une fois un dragon qui, de son souffle puissant, sauve toute une ville du choléra. Infiniment reconnaissants, les habitants décident de se placer sous la protection de leur bienfaiteur et, en échange de l’ordre qu’il fait régner, s’asservissent volontairement à ses exigences tyranniques. Entre autres tributs, le dragon réclame que, chaque année, une vierge lui soit livrée en offrande. Bon an, mal an, la tradition est honorée, jusqu’à ce qu’Elsa, sa nouvelle promise, se montre réticente. Arrive alors un valeureux chevalier servant – l’éternel Lancelot – qui va tâcher de faire éclore ce premier germe de résistance.
Inspiré du Dragon d’Evguéni Schwartz, L’Opéra du Dragon est à la fois un conte théâtral, un concentré mythologique et une fable politique, où Heiner Müller, avec la concision poétique et l’humour lapidaire qui caractérisent son écriture, vient nous poser quelques questions décisives : les hommes sont-ils faits pour la liberté ? Ont-ils le courage de s’émanciper des régimes totalitaires et à quelles conditions ? Ce texte interroge, aussi, la place que nos sociétés font encore à l’utopie, le crédit qu’elles accordent aux perspectives de bonheur collectif.

Sur le plateau, évoluent et dialoguent en permanence quatre langages, qui sont aussi quatre formes de présence : les figures marionnettiques (foule d’individus similaires, uniformément privés de corps, dont n’émergent que quelques identités singulières) ; trois acteurs-manipulateurs, qui donnent les impulsions physiques et prennent en charge la partition gestuelle des marionnettes ; une actrice-récitante qui interprète toutes les voix des personnages ; un musicien qui, entouré de ses nombreux instruments entrelace sa partition sonore à celle des mouvements dramatiques, chorégraphiques et vocaux. Dans ces interactions multiples, s’offre alors au spectateur une vision, en acte, non pas de la finalité de l’Histoire (pouvons-nous croire au Sauveur, à l’avènement d’un monde définitivement meilleur ?), mais de sa fabrique démocratique, dans la (re)négociation permanente du contrat qui lie ceux à qui ils délèguent leurs pouvoirs, dans le questionnement interrompu de l’origine de la parole, des corps qu’elle traverse, et des représentations qu’elle conditionne.

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