• Conception et mise en scène :
    Johanny Bert assisté de Baptiste Haslay
    Texte :
    Sabine Revillet
    Interprètes :
    Valérie Vivier et Julien Bonnet
    Construction décor :
    L’équipe du CDN de Montluçon
    Bricolage musical :
    Mathieu Gagelin
    Vidéo :
    Mathieu Quintin


  • Coproduction Cie Théâtre de Romette – CDN de Montluçon – Le Polaris.
    Le texte L’Emission a reçu « l’aide à la création » du Centre National du Théâtre et « l’aide à la diffusion » de la SACD.

L’Emission


Texte de Sabine Revillet

Farce cathodique pour deux acteurs, objets marionnettiques et théâtre à domicile

Une femme et un homme dans leur cuisine regardent la télévision. Impossible communication, l’homme est scotché devant son émission favorite, très difficile de lui parler, même quand une bestiole bizarre sort d’un pot de yaourt nature, et s’échappe sur le carrelage... En parallèle deux hommes se promènent dans la rue, deux amis, l’un des deux a participé à l’Emission, l’autre l’admire, car il aimerait lui aussi, participer, avoir cette chance de passer sur le petit écran, être regardé par combien ? Trois millions de téléspectateurs... ? L’Emission, attention, a des règles un peu spéciales : si le candidat perd, il perdra une partie de son corps... bras, jambe, coude, doigt... c’est au choix... au choix du candidat... Peu importe, l’essentiel est d’être vu, reconnu par un maximum de personnes, là est la vraie vie... ?





« Depuis quelque temps, l’envie me piquait d’imaginer un spectacle créé spécifiquement pour être joué à domicile. Derrière cette envie, il y a bien sûr, le désir de rencontrer un public dans une situation nouvelle, un public peut-être moins habitué aux salles de spectacles. Mais aussi un rapport plastique, une confrontation de sens entre l’habitat et l’esthétique d’un spectacle.
Confronter un texte et une œuvre mettant en jeu les arts plastiques dans un lieu identifié autre qu’un théâtre, une maison, un appartement. Trouver ce rapport sensible, fragile, entre l’acte artistique et le quotidien. S’immiscer dans le mobilier des spectateurs avec des mots et objets de l’extérieur et se jouer du présent.
J’ai la sensation que, dans ce rapport de jeu, si proche des spectateurs, rien n’est plus sensible et virulent, et c’est ce qui est moteur pour moi dans ce projet.
Lorsque j’ai lu L’émission, j’ai été interpellé par son contenu, sa langue. J’ai trouvé en ce texte un propos qui me semble juste à mettre en jeu dans un mobilier urbain.

La télévision est souvent la fenêtre centrale de la pièce principale de l’habitat urbain. C’est à travers elle que, parfois, nous nous retrouvons pour vider nos cervelles. Je suis toujours fasciné, aspiré par la télévision lorsqu’elle est une bouche béante qui laisse entrevoir une vulgarisation de notre quotidien. Les reportages intimités, sorte de déballages de notre monde moderne, dépassé par ce qu’il crée.
Au delà de la télévision, la pièce met en exergue un quotidien avalé par les médias, par la consommation et surtout par un désir inassouvi.
Trois espaces simultanément se répondent. Un jeu TV se déroule devant nous. Un couple à l’heure du repas regarde cette émission et la commente tandis qu’ailleurs, un homme se fascine pour un ancien candidat de ladite émission.

Sabine Revillet, avec un grand sourire sarcastique, propose une farce féroce avec une langue simple, directe, dont la qualité littéraire tient dans l’évolution surréaliste des trois situations. Une inspiration quasi dadaïste ou d’un théâtre de l’absurde dont l’écriture est bel et bien une pensée d’aujourd’hui.
L’humour est très présent dans son texte… Tout cela n’est pas sérieux et pourtant c’est là, devant nous, devant notre nez si proche d’une réalité crue. »
Johanny Bert